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Traduction en ligne: very basic

Certes, ils sont gratuits, mais les traducteurs automatiques que l’on trouve sur le Web sont encore balbutiants …

Lire le magazine américain « Fortune » en VO sous-titrée, c’est désormais possible – avec les nuances qu’on va voir – grâce aux outils de traduction automatique disponibles gratuitement sur le Web. La tâche n’est guère plus ardue pour déchiffrer un document en anglais ou décoder le mail d’un collègue espagnol ou allemand.
Les sites de traduction automatique (reverso.net, free-translation.com …) sont en fait des version de démonstration des logiciels commercialisés par des éditeurs spécialisés tels que Systran, Softissimo, Lernout & Hauspie ou Transcend. Plus simple encore, vous trouverez ces services, toujours gratuitement, sur des pages d’accueil de sites à forte audience, notamment les moteurs de recherche Voilà, Altavista, Infoseek, mais aussi des sites d’information, comme celui du « Monde » (tout.lemonde.fr) …

La plupart des portails sont dotés d’un traducteur

Dans un univers largement dominé par l’anglais – 75% des sites Web sont anglophones – les éditeurs ont vite compris l’intérêt de promouvoir ainsi leurs outils sur le Web. De leur côté, les moteurs de recherche se servent de ces utilitaires comme produits d’appel. Pour le plus grand bénéfice des surfeurs, qui disposent sur un seul et même site d’un moteur de recherche et d’un traducteur !
Magique ? Pas tout à fait : à l’usage, le passage d’une page à la moulinette d’un traducteur automatique sur Internet crée parfois des effets … de comique pur (lire ci-dessous).
En outre, sur Internet, la taille des documents qu’il est possible de traduire est limitée.
Dans le cas de volumes importants, impossible donc de passer par les outils gratuits. Il faut impérativement recourir à un logiciel spécialisé. Avocat international spécialisé dans la fiscalité, Laurent Isal reçoit de longs contrats en provenance des Etats-Unis et traduit également des contrats français en anglais. « Pour traduire une trentaine de pages, il me faut normalement trois jours. Avec le logiciel Reverso Pro, il me suffit de quelques minutes pour obtenir une traduction brute, puis je consacre une demi-journée à la correction. » Séduit par la rapidité du logiciel, Laurent Isal a dû cependant l’apprivoiser avant de parvenir à un résultat satisfaisant. L’utilisateur peut en effet améliorer la qualité de la traduction de plusieurs manières. On peut d’abord préciser le domaine de connaissances abordé dans le document à traduire. En délimitant, par exemple, le champ sémantique à l’univers informatique, on évite ainsi le remplacement intempestif de « Windows » par … « fenêtres ».

Astucieuse, l’intégration du logiciel dans la messagerie

L’utilisateur peut aussi entrer lui-même dans le logiciel les traductions de son choix. « Mon logiciel ne savait pas comment traduire « fusions-aquisitions » en anglais, témoigne Laurent Isal. J’ai donc introduit dans son lexique le terme de « mergers & acquisitions ». » Quand le logiciel sert à toute une entreprise, il est possible de créer un dictionnaire partagé dans lequel est consigné le vocabulaire spécifique à la société.
Toutes les applications présentent en outre l’avantage de s’intégrer directement dans les logiciels de bureautique les plus courants, et la plupart s’adaptent aussi aux messageries électroniques, comme Outlook ou Eudora. Concrètement, une icône apparaît dans la barre des tâches, ce qui donne un accès direct au traducteur depuis la messagerie. La traduction d’une page Web est tout aussi rapide : il suffit de saisir son adresse Internet pour obtenir sa version dans une autre langue, sans forcément ouvrir son navigateur.
Dernière chose à savoir avant de se lancer dans l’apprentissage de la traduction automatique : la qualité du résultat ne dépend pas uniquement des performances du logiciel. L’état initial du document à traduire a également son importance. Pour obtenir un texte fluide, le style doit être simplifié au maximum. Privilégiez donc les phrases courtes, soyez précis, n’oubliez pas les pronoms (surtout en anglais), soignez votre syntaxe … et veillez toujours à corriger le résultat final. Car, en matière de traduction, la machine est encore loin de remplacer l’homme …

Le traducteur de Voilà n’est pas très nouvelle économie !

Nous avons soumis la page d’accueil de fortune.com, le site du célèbre magazine américain, au traducteur automatique du portail Voilà, version « light » du logiciel Reverso. Le résultat est assez décevant : le mot à mot est laborieux, et les « dotcoms » sont carrément inconnues au bataillon !


« Cool Companies »
« Dot-coms are in full retreat, but hot start-ups keep popping up. Here’s a baker’s dozen that seem to have a plan for surviving the shakeout. »

« Sociétés fraîches »
« Le sont dans la pleine retraite, mais des démarrages chauds continuent à surgir. Voici une douzaine d’un boulanger qui semble avoir un plan pour réchapper du tassement. »


« A Geek Tragedy »
« Wrong attitude. Wrong strategy. Wrong lawyers. But it probably can’t get any worse. Plus, from CNNfn : Judge Asks Supreme Court to Hear Appeal »

« Une tragédie de dégénéré »
« Fausse attitude. Fausse stratégie. Faux avocats. Mais il ne peut pas probablement devenir un peu plus mauvais. Plus, de CNNfn : le juge demande à la Cour supr^me d’entendre l’appel (attrait). »


« Fortune Technology Guide »
« Our take on all the best products and services from e-commerce to hardware to home-networking. »

« Guide de technologie de Fortune »
« Notre pour prendre sur tous les meilleurs produits et services de commerce électronique à matériel à gestion de réseau domestique. »

Annie Lindivat
Management, Août 2000